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Nouveau rapport GEC-BERCI-Ipsos: Un électorat inquiet demande le changement

Quelques jours avant les élections présidentielles et législatives en République démocratique du Congo, le Groupe d’étude sur le Congo (GEC) de l’Université de New York publie des sondages effectués avec le Bureau d’études, de Recherches, et de Consulting International (BERCI) et Ipsos South Africa. Les sondages révèlent un électorat avide de changement. Une grande majorité soutient l’opposition; Martin Fayulu, l’un de ces opposants, est clairement favori de gagner des élections, si celles-ci sont libres et équitables. Une large majorité d’électeurs, cependant, craigne que les élections ne déclenchent la violence et beaucoup disent qu’ils n’accepteront pas les résultats si le candidat de la majorité au pouvoir l’emporte.

Bien que les deux entreprises de sondage aient utilisé le même questionnaire, leur méthodologie était légèrement différente. BERCI a interviewé 1,196 personnes dans une liste de 2 000 numéros de téléphone obtenus lors d’un sondage national randomisé en face à face mené conjointement avec le GEC en 2016 et portant sur 7 500 ménages répartis dans 469 sites urbains et ruraux. Ipsos/GeoPoll a sélectionné les personnes interrogées selon une méthodologie de numérotation aléatoire, atteignant 902 personnes âgées de 18 ans et plus à partir d’une base de données nationale de 1,5 million de numéros de téléphone congolais. Bien que les deux sondages aient abouti à des conclusions globalement similaires, il existait certaines divergences. Ici nous présentons la moyenne des deux sondages, que nous listons également entre parenthèses séparément.

Le rapport peut être consulté ici. Voici les conclusions majeures :

  • Si les élections sont libres et équitables, un candidat de l’opposition serait presque certain de remporter la présidence. Selon notre sondage, Martin Fayulu est clairement le favori, avec 47% (BERCI: 45%; Ipsos/GeoPoll: 49%) du vote prévu, devant les 24% de Felix Tshisekedi (BERCI: 28%; Ipsos/GeoPoll: 20%) ; 19% (BERCI: 20%; Ipsos/GeoPoll: 18%) voteraient pour Emmanuel Shadary.
  • Fayulu a obtenu une nette majorité dans la plupart des 26 provinces, à l’exception de l’Ituri, du Sankuru et du Maniema, qui favorisaient Shadary, et du Sud-Kivu, du Kasaï Central, du Kasaï, du Kasaï Oriental et du Haut Lomami où une majorité soutenait Tshisekedi. Il s’agit d’une montée en popularité remarquable pour un homme politique peu connu en dehors de Kinshasa il y a un an.
  • Le potentiel de violence est extrêmement élevé. Quelques jours avant le report de la CENI, 48% des répondants (BERCI: 65%; Ipsos/GeoPoll: 30%) ont déclaré qu’ils manifesteraient «très certainement et/ou probablement» contre les élections truquées. Un pourcentage alarmant de répondants (BERCI: 63%; Ipsos/GeoPoll: 43%) ont indiqué qu’ils n’accepteraient pas les résultats si Shadary l’emportait, et 53% (BERCI: 63%; Ipsos/GeoPoll: 43%) ne font pas confiance dans les tribunaux à résoudre équitablement les contentieux électoraux.
  • Ce sondage, comme nos précédents, révèle un électorat profondément conscient et motivé. 98% des répondants (identiques pour BERCI et Ipsos/GeoPoll) se sont inscrits pour voter aux prochaines élections et parmi ceux-ci, 91% (BERCI: 90%; Ipsos/GeoPoll: 92%) et 98% (BERCI: 97%; Ipsos/GeoPoll: 98%) ont l’intention de voter pour les élections législatives et présidentielle respectivement.