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Lancement d’un nouveau projet sur le Kasai

Aujourd’hui, le GEC s’apprête à publier une série de rapports dans le cadre de son nouveau projet sur les dynamiques politico-sécuritaires dans la région du Kasaï. Ces publications comprendront des rapports mensuels, qui donnent un bref aperçu de la situation politique, sécuritaire et humanitaire dans le grand Kasaï (particulièrement dans les provinces du Kasaï et du Kasaï Central), mais également des rapports thématiques plus détaillés. Nous entendons ainsi continuer à mettre la lumière sur cette partie de la République démocratique Congo encore relativement peu connue de l’opinion publique nationale et internationale, malgré les événements de 2016 et 2017 déclenchés par les groupes Kamuina Nsapu.

Cliquez ici pour consulter le premier rapport mensuel.

En dépit de la réduction des violences à partir de 2018 et de nombreuses redditions des groupes armés après l’élection de Félix Tshisekedi début 2019, le premier rapport mensuel souligne que le potentiel pour de nouveaux affrontements demeure dans le Kasaï. Actuellement, le facteur crucial dans cette équation est l’absence quasi totale des programmes durables de désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR) pour les combattants. En conséquence, ces jeunes désœuvrés risquent d’être manipulés de nouveau par des politiciens.

Mais le rapport revient également sur le besoin criant de développement dans cette région enclavée dont le taux de malnutrition est le plus élevé en RDC. D’aucuns oublient que si la cause immédiate de la rébellion Kamuina Nsapu était la manipulation du pouvoir coutumier par des politiciens, elle est vite devenue un mouvement anti-État : symptôme des frustrations de nombreux Kasaïens qui considèrent, à tort ou à raison, que leur région a longtemps été disproportionnellement négligée par l’État congolais.

Le programme des 100 premiers jours du président Tshisekedi a mis l’accent sur la réhabilitation des routes et les projets d’électrification, y compris au Kasaï. Mais les travaux n’ont commencé que timidement. En effet, les attentes des populations kasaïennes du nouveau président, lui-même originaire du Kasaï Oriental, sont énormes. Et elles sont certainement trop élevées par rapport à ce que le nouveau chef de l’État pourra accomplir dans un délai court. Quel sera l’avenir du Kasaï dans ces conditions ? Son destin dépendra de l’attention et du soin que lui réserveront les acteurs nationaux et internationaux. Gare à celui qui le néglige.